Profitant du week-end pendant mes deux semaines de stage à Louxor, j'ai fait une petite escapade avec quelques camarades vers Assouan.
Assouan est une ville bien plus agréable que Louxor, mais peut-être cela vient-il bêtement du fait qu'elle n'a pas été artificiellement créée après la venue des premiers touristes, elle.
Assouan est aux portes de la Nubie, qui commence officiellement à partir de la première cataracte, un peu plus au Sud, et se finit bien au delà de la frontière soudanaise. Mais de fait, on trouve beaucoup de villages nubiens dans les environ, dont celui de l'île Eléphantine en particulier. Il faut dire que la construction du barrage a forcé des milliers de Nubiens à se déplacer vers le Nord, on trouve de nobreux villages jusqu'à Kom Ombo, au Nord d'Assouan.
Après une nuit à l'hôtel, nous nous rendons le lendemain au musée nubien d'Assouan puis sur l'île d'Elephantine. La Nubie a toujours eu des relations difficiles avec les Egyptiens. On dit souvent que les premiers pharaons étaient noirs. De fait, la Haute et la Basse Egypte ont été tantôt unies sous la double couronne, tantôt bel et bien divisées en deux royaumes. La Nubie a ainsi connu un Royaume indépendant pendant plus de mille ans. On l'oublie dans l'immensité de l'Antiquité Egyptienne, mais tout de même, un joli score !
Donc les Nubiens ont gardé une certaine identité. Tout d'abord, ils ont la peau bien plus foncée que les Egyptiens même saidi, et vu le racisme latent en Egypte, pas étonnant qu'il préfère rester un peu à part. Surtout quand le gouvernement décide un jour de détruire leur patrimoine pour construire un énormé barrage. Chez nous on s'est beaucoup ému de la disparitionde tous ces temples, mais finalement si peu du sort de tous les habitants dont les maisons ont été englouties par le Lac Nasser.
Donc lorsque nous visitons le village nubien de l'île Eléphantine, encore peu touristique Hamdullilah, nous sommes abordé par un Nubien étrange, qui nous force à rester en sa compagnie, prétextant ne vouloir aucun backshish mais juste encadrer notre visite car il faut du respect etc etc... Bref, même pas un anarqueur, juste un espèce de schtroumpf à lunette du village, qui insulte à tour de bras nos propres amis qui ont voulu le suivre et nous assure que lui il est sympa et sans arrière pensées, pas comme les Arabes. Enfin n'empêche qu'à la fin il nous emmène à la boutique d'un ami et que l'air de rien il nous dit de laisser de l'argent dans une enveloppe pour la construction d'une librairie. Bref, comme d'hab, difficile à déchiffrer. Surtout que celui là n'est même pas souriant ou gentil, il passe son temps à moraliser.
Mais ça nous donne l'occasion de voir le village, particulièrement magnifique. Une partie et sur une colline aride où s'accroche des maisons toutes plus bariolées les unes que les autres. Si on va plus vers le Sud, on treouve des chants et d'immenses arbres au pied desquels se reposent d'autre maison. On croise quand même quelques touristes qui eux n'ont pas de guides, mais la paisibilité est préservée, le calme serein du Nil où naissent des îles verdoyantes et où barbotent quelques fellouks est une vrai bouffée d'oxygène.
Le village nubien de l'île d'Eléphantine
Pour en finir avec la Nubie, il faut tout de même nuancer la division entre Arabes et Nubiens. En effet, un des chanteurs/acteurs les plus connus en Egypte, et mon chanteur préféré personnellement, Mohamed Mounir, est Nubien d'origine, et chante parfois avec l'accent Saidi, parfois avec l'accent Cairote. Bref, un beau mélange. Et le dessin animé le plus populaire d'Egypte, Bakar, se passe en Nubie (d'ailleurs Mohamed Mounir chante le générique).
Après cette journée, nous allons boire une bière sur un bar flottant sur le Nil, puis rentrons à l'hôtel. C'est le moins cher où j'ai dormi, et pourtant, il est propre et la vue sur le Nil est splendide.
Le lendemain nous attend une rude journée : nous avons réservé la désormais traditionnel expédition Abou SImbel / Philae, départ prévu à 3h30 ! EN effet, on prend un mini bus surbondé qui est obligé de rester dans un convoi militaire. Et chose imprévue, aujourd'hui Moubarak a décidé de rendre visite à un de ses rejetons à Assouan : bref un beau bazard. Mais bon, nous partons sans problème dans le convoi, hagards au milieu du désert, remarquant à pein le coucher de soleil sur l'immensité de sable...
Ce que signifie cette mode des minibus et des convois, c'est que touts les touristes font désormais la viste d'Abou SImbel tous en même temps ou presque ! Et il y en a beaucoup de touristes en une journée (le record est à 2000). Mais bon ça n'enlève rien à la magie de ces deux temples, officiellement dédiés à Amon et Isis, mais en fait à la gloire de Ramses II et un peu de sa femme (sur la façade du temple de cette dernière deux statues de cette magnifique egyptienne sont encadrées chacune par deux statues de son puissant époux, alors qu'elle même est quasi inexistante dans le temple de son mari). Le temple aurait dû être englouti dans le lac Nasser, mais il a été découpé en morceaux et recollé un peu plus haut...
Le temple d'Abou Simbel avant son déplacement
Après cela, nous nous engouffrons de nouveau dans notre minibus rempli à bloc : tous les strapontins sont occupés, ce qui veut dire que quand on est à l'arrière, il y a 20 personnes assises devant nous qui nous bouchent toute issue. Avis aux claustrophobes ! Après un passage au barrage, d'où on a un e très jolie vue sur le Nil côté pile et sur le lac Nasser côté face, on prend la voie rapide pour aller à Philae. Mais surprise grâce à ce cher Hosni, la route est bloquée ou emouteillée. Alors très naturellement notre chauffeur fait demi tour sur la voie rapide ...
Mais nous arrivons entiers à Philae, pour une viste encore magnifique. Le temple n'est en fait plus sur l'île de Philae, il a lui aussi été déplacé pour échapper au naufrage, encore que à l'époque du petit barrage il était déjà à moitié englouti et se visitait en barque!
Le temple de Philae quand il avait encore les pieds dans l'eau
Ce n'est que le lendemain de tout ça que j'ai découvert la disparition de mon cher appareil photo (non non j'y étais à Abou Simbel et à Philae, avant le barrage !).... sniouf sniouf. Mais ça n'efface pas le souvenir d'une expédition qui en valait vraiment la peine !
A vous la parole