Mercredi 10 janvier 2007
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17:02
Je n'ai pas écrit hier... C'est que j'ai été occupée. Tout a commencé le matin, vers 8h, alors que les yeux vagues et la tête dans le paté j'essayais de coordonner correctement mes membres pour faire rentrer cette tartine dans ma bouche. Quelqu'un farfouille dans ma serrure... J'allais me saisir de la poële pour chasser tout inopportun de mon chez moi, quand surgirent Hani et Hakima.
Surprise surprise, ma colloc, après deux jours, avait déjà abandonné Assouan, la Haute-Egypte et son folklore, ses crimes d'honneur et ses turbans.
Quand je reviens de l'école, c'est à dire avec les joues un peu plus roses mais toujours l'esprit visqueux, elle m'explique la raison de son retour : avant de reprendre l'école (elle a été malade tout décembre), elle veut régler tous les ennuis qui lui occupent l'esprit, et à commencer par se trouver un appartement (elle ne logeait chez nous que temporairement).
Après avoir cru m'être débarassée de mes deux collocs parties à Louxor, je décide de me débarasser très vite de celle de retour ! Qu'à celà ne tienne, je lui propose de l'amener voir mon pote Taha, vendeur de papyrus, intermédiaire immobilier, organisateur de voyages touristiques, mais après ma sieste...
Vers 4h30, nous partons donc, accompagnées de sa future colloc, voir ce cher Taha, que je n'avais pas vu depuis pioutre une sacrée lurette !
Il est toujours amusant de voir son visage s'illuminer et sa mine se réjouir quand on lui amène de la chair fraîche, qui cherche non seulement un appart, mais est intéressée dans un voyage au désert et trouve jolis ses papyrus. Au comble du bonheur, il nous trouve immédiatement deux apparts à visiter, après que je lui ais dit lui avoir rapporter une bouteille de rouge de mon pays.
Et je pense d'ailleurs que la colonisation française a complètement failli quand il me demande si le vin français est comme le vin russe. Vin russe? tu veux dire la vodka ? Oui c'est ça. Un beaujolais de Mâcon, comme de la vodka ! Heureusement que je suis là pour offir un peu de civilisation à ces pauvres âmes égarées !
Malheureusement nous ne trouvons pas notre bonheur, les proprios ne nous proposant pas les mêmes prix dont Taha nous avait parlé.
Mais quand je reviens avec ma bouteille de rouge, Taha me dit qu'il a une super offre. Je suis alors sans les deux plus concernées, mais il insiste. Je visite donc, mais rien de tellement plus alléchant que ce qu'on a trouvé avant.
On rentre à la boutique, et sous le regard de Toutankhamon figé sur le papyrus, nous devisons gaiement, buvant du thé et fumant de la chicha.
Environ une heure plus tard (il est près de neuf heures), une nouvelle offre se présente, en exclusivité, c'est à dire sans compétition si on la prend ce soir.
Nous visitons cette fois avec les filles. L'appart est génial, et la négociation tout a fait acceptabe. Il y a y une énorme terrasse, que je reconnait soudain comme étant celui que j'apercevait de mon hôtel, et que j'enviais tellement... je vois mon ex-chambre et celle de Gamal !
Après avoir négocié le prix et avoir réglé les questions d'argent il faut maintenant signer le contrat.
Jalouse de la chance des filles qui trouvent leur bonheur après seulement une demi-journée de recherche là où il nous en avait fallu une semaine (mais c'est l'avantage d'être connue aujourd'hui) et qui vont pouvoir assurer de superbes barbeuks (halal bien entendu !), je leur prête quand même de l'argent et je vais avec elle voir le proprio à Héliopolis pour leur traduire l'anglais tellement je suis gentille.
On arrive vers onze heures du soir chez le proprio. Il nous attend, avec un ami à lui,curé copte, et la femme de ce dernier. Un curé copte ne se différencie d'un cheikh musulman que par l'usage du dialecte et non de l'arabe coranique et par un habit noir au lieu de blanc. A part ça, les deux ont une grande barbe, une grande robe et souvent un turban, et parlent très lentement en articulant et en donnant l'impression de somnoler. Le proprio est lui un vieil homme mais à l'aspect solide, même s'il tremble en écrivant et ne quitte pas son confortable fauteuil, et surtout avec un visage roublard.
L'accueil est chaleureux, et très vite je repère un proprio intéressant : chrétien, très riche, vivant à l'étranger et qui répond "oh mais vous faites ce que vous voulez" quand on lui demande si il est possible de ramener des amis dans l'appart. Bref, tranquillité assurée.
Blagueur aussi, et peu habitué à faire des contrats. "Signez le contrat et après je vous explique" nous déclare-t-il sans ciller. On est gênées parce que ça ne se fait pas de dire qu'on a pas confiance, mais le curé nous comprend et se propose de nous traduire. Et moi, laïque fille de laïcs, je trouve en effet que la parole d'un homme de religion est sûre !
Rien de bien méchant dans le contrat, vite signé. Vient alors le moment des sioux, le moment le plus important, ce pour quoi vous êtes là en fait, dit le proprio en riant. Là encore il faut réclamer un reçu, que nous rédige le prête très appliqué et lent, nous montrant toute sa patience d'homme pieux.
Nous rentrons après ça, tout ravi d'en avoir fini et toujours hilare de cette affaire rondement menée avec entre autres un prêtre copte et un musulman amoureux de la vodka et du vin (enfin un musulman "sur la carte d'identité seulement" précise toujours Taha, qui s'est d'ailleurs exclamé "ah le bonheur de n'être ni musulman ni chrétien ni juif : je bois et mange ce que je veux". La sagesse incarnée).
Taha me téléphone d'ailleurs dans la voiture pour me demander si l'affaire a été menée à son terme et s'il peut dépenser sa commission qu'on lui avait déjà donné...
A la maison nous attend Hani, délaissé toute la soirée, alors que nous ne rentrons qu'à minuit et demi. Mais ce garçon a la particularité que quand il s'ennuie, il fait le ménage et prépare à manger et un super dîner nous attend... ITout ça va me manquer lol !
Surprise surprise, ma colloc, après deux jours, avait déjà abandonné Assouan, la Haute-Egypte et son folklore, ses crimes d'honneur et ses turbans.
Quand je reviens de l'école, c'est à dire avec les joues un peu plus roses mais toujours l'esprit visqueux, elle m'explique la raison de son retour : avant de reprendre l'école (elle a été malade tout décembre), elle veut régler tous les ennuis qui lui occupent l'esprit, et à commencer par se trouver un appartement (elle ne logeait chez nous que temporairement).
Après avoir cru m'être débarassée de mes deux collocs parties à Louxor, je décide de me débarasser très vite de celle de retour ! Qu'à celà ne tienne, je lui propose de l'amener voir mon pote Taha, vendeur de papyrus, intermédiaire immobilier, organisateur de voyages touristiques, mais après ma sieste...
Vers 4h30, nous partons donc, accompagnées de sa future colloc, voir ce cher Taha, que je n'avais pas vu depuis pioutre une sacrée lurette !
Il est toujours amusant de voir son visage s'illuminer et sa mine se réjouir quand on lui amène de la chair fraîche, qui cherche non seulement un appart, mais est intéressée dans un voyage au désert et trouve jolis ses papyrus. Au comble du bonheur, il nous trouve immédiatement deux apparts à visiter, après que je lui ais dit lui avoir rapporter une bouteille de rouge de mon pays.
Et je pense d'ailleurs que la colonisation française a complètement failli quand il me demande si le vin français est comme le vin russe. Vin russe? tu veux dire la vodka ? Oui c'est ça. Un beaujolais de Mâcon, comme de la vodka ! Heureusement que je suis là pour offir un peu de civilisation à ces pauvres âmes égarées !
Malheureusement nous ne trouvons pas notre bonheur, les proprios ne nous proposant pas les mêmes prix dont Taha nous avait parlé.
Mais quand je reviens avec ma bouteille de rouge, Taha me dit qu'il a une super offre. Je suis alors sans les deux plus concernées, mais il insiste. Je visite donc, mais rien de tellement plus alléchant que ce qu'on a trouvé avant.
On rentre à la boutique, et sous le regard de Toutankhamon figé sur le papyrus, nous devisons gaiement, buvant du thé et fumant de la chicha.
Environ une heure plus tard (il est près de neuf heures), une nouvelle offre se présente, en exclusivité, c'est à dire sans compétition si on la prend ce soir.
Nous visitons cette fois avec les filles. L'appart est génial, et la négociation tout a fait acceptabe. Il y a y une énorme terrasse, que je reconnait soudain comme étant celui que j'apercevait de mon hôtel, et que j'enviais tellement... je vois mon ex-chambre et celle de Gamal !
Après avoir négocié le prix et avoir réglé les questions d'argent il faut maintenant signer le contrat.
Jalouse de la chance des filles qui trouvent leur bonheur après seulement une demi-journée de recherche là où il nous en avait fallu une semaine (mais c'est l'avantage d'être connue aujourd'hui) et qui vont pouvoir assurer de superbes barbeuks (halal bien entendu !), je leur prête quand même de l'argent et je vais avec elle voir le proprio à Héliopolis pour leur traduire l'anglais tellement je suis gentille.
On arrive vers onze heures du soir chez le proprio. Il nous attend, avec un ami à lui,curé copte, et la femme de ce dernier. Un curé copte ne se différencie d'un cheikh musulman que par l'usage du dialecte et non de l'arabe coranique et par un habit noir au lieu de blanc. A part ça, les deux ont une grande barbe, une grande robe et souvent un turban, et parlent très lentement en articulant et en donnant l'impression de somnoler. Le proprio est lui un vieil homme mais à l'aspect solide, même s'il tremble en écrivant et ne quitte pas son confortable fauteuil, et surtout avec un visage roublard.
L'accueil est chaleureux, et très vite je repère un proprio intéressant : chrétien, très riche, vivant à l'étranger et qui répond "oh mais vous faites ce que vous voulez" quand on lui demande si il est possible de ramener des amis dans l'appart. Bref, tranquillité assurée.
Blagueur aussi, et peu habitué à faire des contrats. "Signez le contrat et après je vous explique" nous déclare-t-il sans ciller. On est gênées parce que ça ne se fait pas de dire qu'on a pas confiance, mais le curé nous comprend et se propose de nous traduire. Et moi, laïque fille de laïcs, je trouve en effet que la parole d'un homme de religion est sûre !
Rien de bien méchant dans le contrat, vite signé. Vient alors le moment des sioux, le moment le plus important, ce pour quoi vous êtes là en fait, dit le proprio en riant. Là encore il faut réclamer un reçu, que nous rédige le prête très appliqué et lent, nous montrant toute sa patience d'homme pieux.
Nous rentrons après ça, tout ravi d'en avoir fini et toujours hilare de cette affaire rondement menée avec entre autres un prêtre copte et un musulman amoureux de la vodka et du vin (enfin un musulman "sur la carte d'identité seulement" précise toujours Taha, qui s'est d'ailleurs exclamé "ah le bonheur de n'être ni musulman ni chrétien ni juif : je bois et mange ce que je veux". La sagesse incarnée).
Taha me téléphone d'ailleurs dans la voiture pour me demander si l'affaire a été menée à son terme et s'il peut dépenser sa commission qu'on lui avait déjà donné...
A la maison nous attend Hani, délaissé toute la soirée, alors que nous ne rentrons qu'à minuit et demi. Mais ce garçon a la particularité que quand il s'ennuie, il fait le ménage et prépare à manger et un super dîner nous attend... ITout ça va me manquer lol !

A vous la parole